Faits et Gestes de la Promotion Victoire - Coëtquidan 1945
 


Quelques réalisations de la promotion Victoire - Coëtquidan - 1945


Les ouvrages ci-dessous sont disponibles;
pour les acquérir, les personnes intéressées s'adresseront au siÚge de l'association (voir page contact)


MĂ©morial de la Promotion Victoire




Ouvrage édité en 1995










En 2008 parution d'un nouveau DVD de la Promotion Victoire - Coëtquidan - 1945




En 2014, création du site "Faits et Gestes de la Promotion Victoire - Coëtquidan 1945"


site sur lequel vous ĂȘtes en train de naviguer


Le 26 octobre 2015, Table ronde du 70Ăšme anniversaire de la promotion


Les intervenants de cette table ronde :
- Introduction par Yves Bardon, GCA, Président
- Présentation par le professeur Maurice Vaisse, modérateur du colloque
- La difficile gestion du Corps de officiers de l'armée de terre en 1944-45 par Jean Delmas, historien, ancien directeur du Service historique
- Présentation de la promotion à partir du site par Pierre Nicolas-Vullierme, GCA
- le colloque "Victoire 1945" par Jean Delaunay, général d'Armée, ancien CEMAT
- les officiers de réserve par Jacques Morizet, ambassadeur
- Intervention du colonel Mallassinet reprĂ©sentant des Écoles
- Conclusion par le professeur Maurice Vaisse




Allocution d'ouverture de la Table ronde du 26 octobre 2015

Notre manifestation d'aujourd'hui marque le 70e anniversaire de la promotion VICTOIRE et de son séjour au camp de Coëtquidan de juillet à décembre 1945.
Votre prĂ©sence dans cet amphithĂ©Ăątre montre tout l'intĂ©rĂȘt que vous portez Ă  aux services rendus par nos camarades au service de la France, sous les armes ou comme civils, au cours de ces 70 annĂ©es. Nous vous en remercions de tout notre coeur.
Permettez-moi d'ĂȘtre plus prĂ©cis et plus explicite . Je voudrais d'abord remercier le GĂ©nĂ©ral d'ArmĂ©e BOSSER, Chef d'Etat-Major de l'ArmĂ©e de Terre, sous le patronage de qui se dĂ©roule cette manifestation. Le GĂ©nĂ©ral BOSSER est en dĂ©placement et il ne pouura pas venir aujourd'hui. Il est reprĂ©sentĂ© par le colonel MALLASSINET des Ecoles de Saint-Cyr CoĂ«tquidan. Il nous a adressĂ© un message trĂšs chaleureux que le colonel Mallassinet nous lira tout Ă  l'heure. Je remercie ensuite, le GĂ©nĂ©ral WINDECK ancien commandant des Ecoles de St Cyr CoĂ«tquidan et le GĂ©nĂ©ral BLACHON qui les commande actuellement pour avoir acceptĂ© de faire participer les Ă©coles Ă  notre table ronde afin de mieux mettre en perspective les enseignements Ă  tirer en matiĂšre de formation des officiers.
Je remercie tous les organismes dĂ©pendant du Ministre de la DĂ©fense qui ont bien voulu marquer un intĂ©rĂȘt pour notre projet, lui faire de la publicitĂ©, nous envoyer aujourd'hui des reprĂ©sentants. Je voudrais citer en particulier la Direction de la MĂ©moire et du Patrimoine des ArmĂ©es, la Direction de la Communication de la DĂ©fense, le Service Historique de la DĂ©fense. Je remercie les prĂ©sidents et reprĂ©sentants d'associations militaires, tout particuliĂšrement le GĂ©nĂ©ral de corps d'armĂ©e Delort, PrĂ©sident de la Saint- Cyrienne, le GĂ©nĂ©ral de corps d'armĂ©e GIAUME, PrĂ©sident de l'Epaulette, le GĂ©nĂ©ral de corps d'armĂ©e Bosshardt, secrĂ©taire de la promotion de St Cyr Rome et Strasbourg, l'amiral LACAILLE, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration MAGINOT, les reprĂ©sentants de DRAC, de la FĂ©dĂ©ration nationale de l'Artillerie.
Permettez-moi ensuite d'accueillir les représentants des jeunes, déjà militaires ou bientÎt militaires: les trois élÚves-officiers venus de Coëtquidan, les quatre Brutions, élÚves de classe préparatoire venus de La FlÚche et leurs trois camarades venus du Lycée Militaire de Saint-Cyr. Nous espérions avoir des
reprĂ©sentants de l'Ecole Polytechnique. Malheureusement, l'X est en voyage Ă  l'Ă©tranger! Nous avons heureusement des reprĂ©sentants de l’École Nationale d'Administration et je voudrais remercier Monsieur Robert CHELLE qui nous a aidĂ© Ă  faire connaĂźtre notre manifestation.
Enfin, je salue et je remercie le Général d'Armée RACT-MADOUX, Gouverneur des Invalides qui, malgré un emploi du temps trÚs chargé a tenu à se joindre à nous. Nous avons avec lui un lien particulier, puisqu'il est le fils d'u de nos camarades de promotion. Il n'a jamais manqué une occasion de nous témoigner sa sympathie. Merci, mon Général.
Je donne maintenant la parole au colonel MALLASSINET qui va nous lire le message du CEMAT........
Il est temps, maintenant, d'entrer dans le vif du sujet. Je passe donc tout de suite la direction des opĂ©rations Ă  Monsieur le Professeur Maurice VAÏSSE modĂ©rateur de notre table ronde.... Monsieur VAÏSSE est trop connu pour que j'ai le front de vouloir le prĂ©senter....

Général de corps d'armée Yves Bardon





MESSAGE DU CEMAT À LA PROMOTION VICTOIRE 26 OCTOBRE 2015

Chers Anciens, Permettez-moi tout d’abord de faire part de mon plus profond respect Ă  une promotion qui a tant donnĂ© Ă  notre pays. Qui a tout d’abord donnĂ© par le sang qu’elle a versĂ©. Je n’oublie pas, en effet, que deux-cent-cinq d'entre vous sont "morts pour la France" dans les combats d'Indochine, de Madagascar, de Tunisie et d'AlgĂ©rie.
Une promotion qui a ensuite donnĂ© par le talent mis au service du pays. Dans l’institution militaire, nombre d’entre vous ont eu des carriĂšres remarquables. Je salue au passage la prĂ©sence du GĂ©nĂ©ral DELAUNAY, l’un de mes anciens au poste qui est le mien aujourd’hui.
Dans le civil Ă©galement, certains ont fait de trĂšs belles carriĂšres et d’autres ont eu un engagement majeur dans la vie associative. Partout, vous avez tĂ©moignĂ© au long de ces annĂ©es que la flamme qui vous avait conduit, un jour de juillet 1945, Ă  rejoindre la lande bretonne avait conservĂ© toute sa vigueur.
Permettez-moi ensuite de vous fĂ©liciter pour votre initiative de ce jour. Elle est remarquable Ă  deux Ă©gards. Organiser une table ronde sur l’histoire de votre promotion et le parcours des officiers de votre gĂ©nĂ©ration est, tout d’abord, une dĂ©marche que je ne peux que louer car votre histoire est un guide pour Ă©crire la nĂŽtre. Ouvrir ensuite sur le temps prĂ©sent, en vous intĂ©ressant aux jeunes officiers, vous honore et atteste de votre inaltĂ©rable jeunesse d’esprit.
La promotion Victoire est celle de la renaissance de la France, celle des combats oubliĂ©s en terre indochinoise, celle du conflit algĂ©rien, drame Ă  tant d’égards, celle encore de la guerre froide et de la posture du « dĂ©sert des Tartares ». Esprit de rĂ©sistance, abnĂ©gation, obĂ©issance et sens du devoir. VoilĂ  les valeurs dont vous ĂȘtes les Ă©missaires.
L’actualitĂ© de l’armĂ©e de Terre prĂ©sente un dĂ©fi singulier. AprĂšs 30 annĂ©es d’interventions en opĂ©rations extĂ©rieures, voici revenu le temps de protĂ©ger Ă©galement le territoire national. C’est un changement radical pour nous, c’est une nouvelle façon de concevoir l’exercice du mĂ©tier des armes mais notre engagement repose sur des fondations immuables : le service de la France.
Votre exemple, Messieurs les Anciens, celui d’une gĂ©nĂ©ration qui a connu des bouleversements bien plus profonds que ceux que nous vivons aujourd’hui, nous offre matiĂšre Ă  mĂ©diter sur le sens de notre engagement construit autour de la grandeur comme de la servitude, du panache comme du service dĂ©sintĂ©ressĂ©.
Merci pour l’exemple que vous donnez aux jeunes gĂ©nĂ©rations. Je vous souhaite une trĂšs bonne journĂ©e.

GĂ©nĂ©ral d’armĂ©e Jean-Pierre BOSSER Chef d’état-major de l’armĂ©e de Terre






1945 - Renaissance de l’armĂ©e française

Il y a 70 ans, l’annĂ©e 1945 constitue le grand tournant du XXe siĂšcle, avec l’émergence de nouveaux blocs gĂ©opolitiques : puissance amĂ©ricaine Ă  l’ouest, Union soviĂ©tique Ă  l’est, l’affaiblissement des puissances europĂ©ennes et coloniales : (GB, France), une Ăšre nouvelle avec le recours Ă  l’énergie nuclĂ©aire et l’utilisation de la bombe atomique comme arme dĂ©cisive.
Mais 1945, c’est d’abord et avant tout la fin de la seconde guerre mondiale, et la Victoire.
En France, un homme a symbolisĂ© le refus de la dĂ©faite. Dans un discours prononcĂ© Ă  Londres le 27 juillet 1940, de Gaulle s’adresse aux soldats qui rentrent de NorvĂšge. Il veut les convaincre de faire partie des FFL. Constatant que « notre pauvre et chĂšre patrie a Ă©tĂ© vaincue », il estime que « le devoir envers la patrie consiste Ă  combattre pour la dĂ©livrer ». Et il poursuit : « car je crois Ă  la victoire... Pour son honneur et pour sa vie, il faut que la France soit prĂ©sente Ă  la Victoire ! ».
Quel culot tout de mĂȘme !
Si la France a sa part Ă  la Victoire et si MM les Anciens vous pouvez aujourd’hui cĂ©lĂ©brer le 70e anniversaire de votre promotion, elle le doit en partie Ă  la volontĂ© du gĂ©nĂ©ral de Gaulle. Car le pari gaullien est de participer Ă  la Victoire par la rĂ©surrection de l’armĂ©e. Il s’agit d’abord de prendre part Ă  la libĂ©ration du territoire national, et plus particuliĂšrement de Paris, pour y affirmer la souverainetĂ© de la France face Ă  ses alliĂ©s ; ensuite, de participer Ă  la dĂ©faite de l’Allemagne sur son propre sol, et de jouer un rĂŽle dans l’occupation de son territoire. Enfin, de rĂ©tablir la souverainetĂ© de la France sur l’empire colonial, car si la France peut encore compter parmi les puissances, c’est grĂące Ă  son Empire auquel elle s’accroche dans l’aprĂšs-seconde guerre mondiale.
Or, la renaissance de l’armĂ©e française est un vrai dĂ©fi.
AprĂšs la DĂ©faite en mai-juin 1940, une armĂ©e d’armistice de 100 000 hommes subsiste en mĂ©tropole dans des conditions provisoires et limitĂ©es. Son encadrement hĂ©site entre un sentiment anti-allemand largement partagĂ©, une volontĂ© de revanche qui se concrĂ©tise par la formation et l’encadrement de la jeunesse, et le refus d’une dissidence conçue comme un crime contre la patrie, attisĂ©e par une anglophobie de circonstance. Dans l’Empire, et surtout en Afrique du Nord, l’armĂ©e subsiste et observe un neutralisme qui contribuera au prestige du gĂ©nĂ©ral Giraud, Ă©vadĂ© d’Allemagne. La vaillante Marine de 1939 est bombardĂ©e et sabordĂ©e. L’armĂ©e de l’Air, bien diminuĂ©e, est tolĂ©rĂ©e...
Ainsi commence un combat fratricide entre les FFL et les forces de Vichy, illustrĂ© par l’épisode de Dakar (septembre 1940) et de Syrie (Ă©tĂ© 41). AprĂšs Koufra en 1941 et Bir Hakeim en 1942, la France combattante paraĂźt sortir de l’isolement. Mais la partie n’est pas gagnĂ©e. Car avec l’invasion de la zone Sud et la dissolution de l’armĂ©e d’armistice le 27 novembre 1942, les unitĂ©s françaises restĂ©es en mĂ©tropole sont contraintes Ă  un choix cornĂ©lien :
- s’évader de France pour rejoindre la France combattante
- participer Ă  la RĂ©sistance, mais pour rejoindre quelle organisation ' l’ORA, les MUR, les FTP, les rĂ©seaux de rĂ©sistance alliĂ©s '
- rester auprÚs du Maréchal qui a décidé de ne pas quitter Vichy.
Si bien que la pĂ©riode qui court de novembre 1942 Ă  l’étĂ© 1943 est l’une des plus troubles pour la rĂ©surrection d’une armĂ©e française, car le dĂ©barquement anglo-amĂ©ricain en AFN avive les divisions internes des Français. En effet, au lieu d’une renaissance, on assiste Ă  l’éclatement de l’armĂ©e française, illustrĂ© par la campagne de Tunisie : trois unitĂ©s françaises y sont engagĂ©es ;
- du cĂŽtĂ© allemand, la lĂ©gion impĂ©riale ; - du cĂŽtĂ© alliĂ©, 20 000 FFL, 80 000 hommes de l’armĂ©e d’Afrique. Lors du dĂ©filĂ© de la Victoire Ă  Tunis, le 20 mai 1943, les unitĂ©s françaises ne dĂ©filent pas ensemble...
En outre, il y un vrai fossé entre les conceptions du général Giraud et du général de Gaulle. Pour Giraud, qui est soutenu par les Américains et obtient d'eux l'équipement dont manque cruellement l'armée française, "un seul but : lavictoire". Pour de Gaulle, la Victoire n'est pas un but en soi : Il s'agit d'affirmer la souveraineté de la France par la Victoire...
La crise de1943 entre Giraud et de Gaulle perturbe la constitution de grandes unitĂ©s - l’ArmĂ©e A sous le commandement d’Alphonse Juin, - l’ArmĂ©e B aux ordres du gĂ©nĂ©ral de Lattre. Le trait caractĂ©ristique de ces unitĂ©s est leur origine trĂšs diverse : des FFL venus des champs de bataille
d’Afrique noire et de Libye, des Ă©vadĂ©s d’Espagne, des personnels de l’armĂ©e d’Afrique renforcĂ©e par la mobilisation de nombreux Français d’AlgĂ©rie, auxquels s’ajoutent les volontaires indigĂšnes nord-africains ; soit 176 000 pieds-noirs, et 233 000 indigĂšnes. C’est dire la part prise aux combats de 1943 et 1944 par ces hommes venus d’AFN. Ce sont ces hommes qui, groupĂ©s au sein du CEF et de la 1re ArmĂ©e française, vont participer Ă  la reconquĂȘte de l’Italie et prendre part Ă  la libĂ©ration de la France... Le chant « C’est nous les Africains » illustre cette rĂ©alitĂ©.A ces unitĂ©s disparates va s’ajouter l’afflux des unitĂ©s FFI au fur et Ă  mesure de la LibĂ©ration. Mais tout cela ne forme pas une armĂ©e. Il y a d’abord une mĂ©fiance rĂ©ciproque : les FFI se mĂ©fient de l’armĂ©e traditionnelle qu’ils identifient Ă  l’armĂ©e de Vichy. L’armĂ©e d’Afrique est scandalisĂ©e des dĂ©bordements des FFI, de leur manque de discipline, de l’inflation des grades... Il est nĂ©cessaire d’unifier toutes ces unitĂ©s. Ce sera l’amalgame, l’Ɠuvre du gĂ©nĂ©ral de Lattre.
Dans l’euphorie de la LibĂ©ration et les flonflons de l’étĂ© 1944, les Français imaginent que la paix et la prospĂ©ritĂ© sont au coin de la rue, que la Victoire est proche. Mais il s’écoule prĂšs d’un an entre le dĂ©barquement du 6 juin 1944 et la capitulation de l’Allemagne les 7-8 mai 1945.
La LibĂ©ration, la France la paie cher. Rien Ă  voir, certes, avec les 18 millions de morts soviĂ©tiques, les 6 millions de morts allemands, mais le bilan matĂ©riel est lourd. Le quart du patrimoine immobilier est dĂ©truit, 1 million de familles sont sans abri, 400 000 maisons en ruines, car les bombardements alliĂ©s ont rasĂ© une partie des villes normandes. La tĂąche la plus urgente est la reconstruction. L’économie est en panne : l’agriculture sans machines, les villes en ruines, les moyens de transport font dĂ©faut, les ports sont inutilisables. Bref, la France est asphyxiĂ©e. Le ravitaillement est insuffisant, le rationnement persistant, le marchĂ© noir obsĂ©dant, l’inflation galopante. Les annĂ©es noires ne sont pas finies. Le 26 mars 1945, 10 000 femmes (qui vont bientĂŽt voter pour la 1re fois) manifestent devant l’hĂŽtel de ville de Paris pour rĂ©clamer « du pain, du beurre, de la viande ». Le ministre du ravitaillement, Paul Ramadier, est surnommĂ© RamadiĂšte, ou Ramadan... L’électricitĂ© est souvent coupĂ©e, l’essence introuvable, on se dĂ©place Ă  pied... Tout juste libĂ©rĂ©e, la France doit accepter de nouveaux sacrifices et consacrer toutes les Ă©nergies du pays Ă  le reconstruire, alors qu’on aimerait relĂącher ses efforts. Sur les murs des villes, un travailleur musclĂ© ex-horte le passant : « Retroussons-nous les manches et ça ira mieux ! ». Voire ! Pour la production agricole, il faut remonter au XIXe siĂšcle pour trouver des chiffres aussi bas. La pĂ©nurie dure. Le charbon manque, la France a faim et froid...
Et pas seulement : c’est au cours de l’hiver 1945 que l’horreur des camps de concentration est rĂ©vĂ©lĂ©e au monde quand les AlliĂ©s dĂ©couvrent le camp d’Auschwitz le 27 janvier et celui de Buchenwald le 11 avril : les chambres Ă  gaz rĂ©vĂ©lĂ©es, les crĂ©matoires, les entassements de cadavres... Ceux qui y ont survĂ©cu commencent Ă  rentrer et on les accueille avec stupeur. François Mauriac saluant « ces crĂ©atures qui remontent de l’enfer », Ă©voque le dĂ©sastre spirituel de l’Europe.
Ces retours-lĂ  en font oublier d’autres. Car ils reviennent aussi, les centaines de milliers de prisonniers de guerre. Sans compter ceux du Service du travail obligatoire. Devant tant d’horreurs, les Français font un vĂ©ritable triomphe au film de Charlie Chaplin Le dictateur qui sort sur les Ă©crans français en mars 1945. 8 millions d’entrĂ©es... AprĂšs la peur, le rire.
Mars 1945, c’est prĂ©cisĂ©ment Ă  ce moment-lĂ  que de Gaulle cĂąble Ă  de Lattre : « il faut que vous passiez le Rhin. Il y a lĂ  une question du plus haut intĂ©rĂȘt national » MalgrĂ© l’extraordinaire augmentation des effectifs de l’armĂ©e française, 560 000 hommes en septembre 1944, 1 300 000 en mai 1945, de Gaulle a bien conscience que les forces françaises restent bien Ă©loignĂ©es des effectifs soviĂ©tiques (22 M) et amĂ©ricains (12 M) : « Comme elle est courte, l’épĂ©e de la France, au moment oĂč les AlliĂ©s se lancent Ă  l’assaut de l’Europe ! ». C’est d’ailleurs le principal argument de Staline quand il s’oppose Ă  la prĂ©sence de De Gaulle Ă  Yalta – l’armĂ©e française a Ă©tĂ© vaincue en 1940, et pour l’instant elle ne reprĂ©sente pas grand’chose...
Et il faut bien constater que l’armĂ©e française n’est qu’un rouage dans une Ă©norme machine. Les armĂ©es alliĂ©es auraient pu gagner la guerre sans l’armĂ©e française ; mais sans les armĂ©es alliĂ©es, l’armĂ©e française n’aurait mĂȘme pas pu combattre... Car elle ne dĂ©pend pas de l’armĂ©e amĂ©ricaine seulement pour son Ă©quipement et sa logistique. Bien plus, son autonomie en matiĂšre stratĂ©gique est strictement limitĂ©e. Les chefs alliĂ©s conservent la haute main sur les opĂ©-rations. Pour entrer dans Paris, ou pour sauver Strasbourg menacĂ©e par la contre-offensive alle-mande et que le commandement alliĂ© avait dĂ©cidĂ© d’évacuer, il a fallu l’intervention personnelle de De Gaulle.
Lorsque sont signĂ©es Ă  Reims puis Ă  Berlin les capitulations allemandes, la France y participe, certes Ă  un niveau infĂ©rieur Ă  celui des autres Grands, mais la prĂ©sence française Ă  ces signatures est hautement symbolique. Par un extraordinaire renversement de situation, la France a conquis le droit de contresigner la Victoire : c’est le triomphe d’une volontĂ© politique appuyĂ©e sur l’outil militaire.
La Victoire, c’est aussi le nom de la promotion de CoĂ«tquidan qui cĂ©lĂšbre aujourd’hui ses 70 ans...

Professeur Maurice VaĂŻsse






La difficile gestion du corps des officiers de l’armĂ©e de terre en 1944-1945

La fin des longs conflits pose toujours le problĂšme de la gestion des effectifs militaires, gonflĂ©s par la mobilisation, appauvris par les pertes mais toujours surdimensionnĂ©s pour la pĂ©riode de paix. En I944, le problĂšme se pose avec une rare complexitĂ©. L’armĂ©e a explosé 
Refaire une armĂ©e une et indivisible, outil d’une politique de grandeur d’une France retrouvĂ©e et victorieuse, tel est l’objectif de de Gaulle. Ambition dĂ©mesurĂ©e face aux rĂ©alitĂ©s Ă©conomiques d’une part, et difficultĂ© d’unifier aprĂšs les dĂ©chirements de la guerre

La recrĂ©ation de l’outil militaire passe alors par deux phases imbriquĂ©es l’une dans l’autre, Ă©puration et intĂ©gration, rapidement suivies par un dĂ©gagement des cadres.
L’épuration s’exerce contre tous Ă©lus, fonctionnaires, agents publics, donc les cadres militaires, soit par action judiciaire (Haute Cour de justice, Cours de justice, cours civiques), soit par Ă©puration administrative. Celle8ci est de beaucoup la plus importante pour l’armĂ©e de terre.
La commission d’épuration doit Ă©tudier les dossiers d’officiers dont l’attitude n’a pas paru clairement patriotique. RĂ©sultats en 1946 :10 270 cas Ă©tudiĂ©s, 663O rĂ©intĂ©grĂ©s ; 2570 dĂ©gagĂ©s d’office ; 65O mis Ă  la retraite. Sur 181 gĂ©nĂ©raux, 40 maintenus en 1Ăšre section.
Intervient simultanĂ©ment l’intĂ©gration des cadres ayant participĂ© Ă  la RĂ©sistance, avec des grades d’assimilation FFI, et qui souhaitaient faire reconnaĂźtre ces grades soit dans l’active soit dans la rĂ©serve. Il y aurait 25 000 intĂ©grĂ©s dans l’armĂ©e de terre, mais 13 200 le sont au titre de la rĂ©serve, et dans ceux qui le sont au titre de l’armĂ©e active, il y a 1 800 officiers dĂ©jĂ  d’active qui ont fait homologuer le nouveau grade qu’ils ont obtenu dans les FFI et 5250 sous8officiers d’active qui obtiennent l’épaulette.
Si l’on ajoute Ă  tous ces cadres intĂ©grĂ©s la volumineuse promotion Victoire et en retranchant les Ă©purĂ©s, on constate une balance des effectifs trĂšs positive, au moment oĂč la rĂ©duction de l’armĂ©e s’impose au gouvernement. Supprimer le sur8effectif Ă©norme avec le nouveau plan de l’armĂ©e aprĂšs le dĂ©part de Ch. de Gaulle : l’effectif officiers doit passer de 30 500 Ă  20 500 en un an. D’oĂč la loi de dĂ©gagement des cadres du 5 janvier 1946, une loi dure qui ne provoque pas assez de volontaires et oblige Ă  crĂ©er une commission de dĂ©gagement qui classe par arme les officiers Ă  conserver et Ă  dĂ©gager.
On peut discuter de ce dégagement : est8il une seconde épuration ou est8il une mesure qui limite
les rigueurs de l’épuration parce que ses critĂšres ne sont pas patriotiques mais fonctionnels '
Mais quel chambardement permanent pour les cadres pendant ces deux annĂ©es, y compris les mutations d’arme imposĂ©es

Général Jean Delmas,
ancien chef du Service Historique de l'Armée de Terre





Présentation du site Internet

1 - Voici d'abord la page d'accueil de la promotion Victoire Ă  partir de son site des "faits et gestes de la Promotion Victoire".
En juillet 1945, prĂšs de 2 900 jeunes Français ĂągĂ©s pour la plupart de 18 Ă  30 ans, entraient Ă  l’École Militaire Interarmes de CoĂ«tquidan, pour y devenir officiers.


Ils Ă©taient d’origines diverses, mais avaient dĂ©jĂ , pour la plupart, fait campagne dans la guerre qui venait de s’achever en Europe : maquisards, sous-officiers, saint-cyriens (principalement des Promotions 1942, 1943, 1944), jeunes engagĂ©s volontaires pour la durĂ©e de la guerre. Tous avaient en commun la mĂȘme foi en la France et le dĂ©sir de servir au mieux leur pays.


En dĂ©cembre 1945, aprĂšs six mois d’entraĂźnement intensif dans le dĂ©cor sĂ©vĂšre de la ForĂȘt de Paimpont, 1747 reçurent le galon d’aspirant ou de sous-lieutenant.


Certains poursuivirent une carriĂšre plus ou moins longue sous les armes. Deux cent cinq d’entre eux, dont Bernard de Lattre de Tassigny et Henri Leclerc de Hautecloque sont morts pour la France dans les combats d’Indochine, de Madagascar, de Tunisie et d’AlgĂ©rie. Cent vingt atteindront le grade de Ă©nĂ©ral, certains dans des postes aussi prestigieux que Chef d’Etat-Major des ArmĂ©es, Chef d’Etat-Major de l’ArmĂ©e de Terre, ou Chef de l’Etat-Major Particulier du PrĂ©sident de la RĂ©publique.


Les autres accompliront des carriĂšres civiles aussi diverses que : diplomates, mĂ©decins, magistrats, industriels, artistes, prĂȘtres, etc. Certains deviendront parlementaires, Ă©lus locaux, responsables d’associations...


Ainsi, les membres de la Promotion “Victoire-CoĂ«tquidan 1945” constituent-ils un Ă©chantillon aussi large que reprĂ©sentatif de la jeunesse de la France qui avait vingt ans au moment de la LibĂ©ration et qui, pour la majoritĂ©, y avait participĂ©.

2 – sur la 2Ăšme page il y a la liste des membres, pour que soit plus digeste cette liste de prĂšs de 3000 noms, elle a Ă©tĂ© dĂ©coupĂ©e avec la 1Ăšre lettre de chacun des noms. Si l'on clique sur la lettre Z, il apparaĂźt 7 noms, si par contre on clique sur la lettre A, il en apparaĂźt beaucoup plus et l'on y voit en rouge les Morts pour la France et en orange les Morts en Service.

3 – la 3ùme page "consultation" est la plus dense.
On y voit d'abord les documents classés par auteur, C'est le premier tri évident puis que ces documents sont destinés en premier lieu à nos enfants et petits enfants. Ils ont été 234 auteurs.
À titre d'exemple, je clique sur notre camarade Arlabosse, malheureusement disparu il y a peu de temps : on y voit une description assez rĂ©aliste d'un accrochage de son peloton d'alligators avec des unitĂ©s viets trĂšs combatives.
2 – sur la 2Ăšme page il y a la liste des membres, pour que soit plus digeste cette liste de prĂšs de 3000 noms, elle a Ă©tĂ© dĂ©coupĂ©e avec la 1Ăšre lettre de chacun des noms. Si l'on clique sur la lettre Z, il apparaĂźt 7 noms, si par contre on clique sur la lettre A, il en apparaĂźt beaucoup plus et l'on y voit en rouge les Morts pour la France et en orange les Morts en Service.

3 – la 3ùme page "consultation" est la plus dense.
On y voit d'abord les documents classés par auteur, C'est le premier tri évident puis que ces documents sont destinés en premier lieu à nos enfants et petits enfants. Ils ont été 234 auteurs.
À titre d'exemple, je clique sur notre camarade Arlabosse, malheureusement disparu il y a peu de temps : on y voit une description assez rĂ©aliste d'un accrochage de son peloton d'alligators avec des unitĂ©s viets trĂšs combatives.

On y voit ensuite les documents classés par thÚmes, je ne vous montrerai pas les 11 thÚmes, mais voici les plus importants :

Période 39/45 : elle est présentée ainsi :
En arrivant à Coëtquidan, ils n'étaient pas de jeunes étudiants venant de quitter la vie civile. Certains étaient déjà des sous-officiers chevronnés, d'autres étaient déjà cités, tous avaient à des degrés divers déjà, comme l'on dit, fait la guerre: milité dans un réseau de Résistance, risqué la déportation en s'évadant par l'Espagne ou vers l'Angleterre, participé à la campagne de Tunisie, d'Italie, de France ou d'Allemagne.
En fait, tout l'éventail était représenté et cette diversité a donné à cette promotion, réunie toute entiÚre seulement 6 mois à Coëtquidan, toute sa richesse.

Écoles :
AprĂšs CoĂ«tquidan, nous avons inaugurĂ© la rĂ©ouverture des Écoles d'Application dans leurs citĂ©s traditionnelles: Angers, Montargis, Saumur et Tours, ou dans des lieux provisoires: Auvours pour l'Infanterie et Idar-Oberstein pour l'Artillerie

Indochine :
C'est de loin la plus dense:
Les "Ă©vĂšnements d'Indochine", devenus ensuite "la guerre d'Indochine", ont profondĂ©ment marquĂ© la Promotion Victoire ne serait-ce que par le nombre de ses "Morts pour la France", 162 sur un total de 205, le premier d'entre eux a Ă©tĂ© Jean Garin mort le 26 mars 1946 Ă  Thu Duc (Cochinchine), les derniers l'ont Ă©tĂ© Ă  Dien Bien Phu en 1954.
Paradoxalement, ils en gardent tous la nostalgie, que ce soit pour le pays lui-mĂȘme ou pour ses habitants. Ce beau pays Ă  la gĂ©ographie trĂšs diversifiĂ©e, des riziĂšres aux hauts pays thaĂŻ en passant par les plateaux de la chaĂźne annamitique, le mĂ©rite pleinement, de mĂȘme que ses habitants, industrieux, dĂ©brouillards et attachants, qu'ils soient vietnamiens ou faisant partie de ce qu'on appelle les "minoritĂ©s montagnardes".
Certains d'entre nous ont effectuĂ© deux, voire trois sĂ©jours ; Ă  ce sujet, il faut se souvenir que ces sĂ©jours Ă©taient de 30 mois, sans commune mesure avec la durĂ©e des "opex" d'aujourd'hui !


Algérie:
Comme en Indochine, les "évÚnements d'Algérie" ont fini par s'appeler "guerre d'Algérie". La promotion Victoire a été présente et a payé son "tribut" : 32 "Morts pour la France" sur un total de 205. En gros, ils y étaient "capitaines", comme ils avaient été "lieutenants" en Indochine.


TĂ©moignages civils:
Nous Ă©tions "engagĂ©s pour la durĂ©e de la guerre" et, aprĂšs l'Armistice, un tiers d'entre nous ont choisi de revenir Ă  la vie civile.
Ils ont Ă©tĂ© PrĂȘtre, Ambassadeur, MĂ©decin, Chef d'Entreprise, Professeur, etc
 et mĂȘme Chef d'orchestre !
Le cas de Louis FrĂ©maux notre chef d'orchestre, titulaire de Huit Grands prix du disque et ayant dirigĂ© aussi bien Ă  Lyon qu'Ă  Birmingham ou Sydney est trĂšs caractĂ©ristique comme en tĂ©moigne la derniĂšre phrase du tĂ©moignage figurant sur le site: "L’expĂ©rience exaltante de la promotion VICTOIRE avec la tradition des valeurs françaises rĂ©instaurĂ©e, a certainement contribuĂ© Ă  la rĂ©ussite de ma carriĂšre dans le renouveau artistique d’aprĂšs-guerre.
Celle de mon commandement dans la LĂ©gion a souvent provoquĂ© quelque surprise, surtout quand je laissais entendre que les lĂ©gionnaires Ă©taient plus faciles Ă  mener que les musiciens d’orchestre !"

TĂ©moignages d'Ă©pouses:
Nos épouses nous ont accompagnés "pour le meilleur et pour le pire". Elles ont vécu et partagé avec nous les "faits et gestes" de la promotion.
Une vingtaines d'entre elles ont accepté d'en témoigner. Ces témoignages sont tous différents et tous intéressants

4 – la 4Ăšme page nous donne les vidĂ©os tirĂ©es du CD que nous avions rĂ©alisĂ© en 2002 et du DVD rĂ©alisĂ© en 2008.
Je vous en donne deux exemples, choisis courts:
En Indochine, Tonkin "l'arrivée" (1 min 37).
En l'Algérie, "Introduction" (2 min 10)

5 – nous pouvons voir aussi sur le site:
des pages photos, comme celles de Cortale, au Pays "rhadé" de la chaine annamitique ou de Evellin, ancien SAS.
Et aussi des pages croquis comme celle de Fougerolle, croquis pris sur le vif en Indochine.
Et pour finir, des caricatures comme celles de Pinel, oĂč l'on y voit, entre autres, tout le peloton Quatrebarbes, avec notre "Dieu" le Lieutenant de Quatrebarbes, un de ces rares "chefs" qu'on a le bonheur de rencontrer dans sa carriĂšre. Parmi ces caricatures, on peut mĂȘme y voir celle de notre ami Jacques Morizet, l'instigateur de ce colloque, en chemise et prĂȘt Ă  revĂȘtir les habits d'Ambassadeur, ce qui Ă©tait pour le moins prĂ©monitoire!

Pierre Nicolas-Vullierme






Les officiers d'active de la promotion VICTOIRE

Notre Promotion « Victoire » a rassemblĂ© Ă  CoĂ«tquidan, en juillet 1945 pendant 5 mois, 2.000 Ă©lĂšves engagĂ©s pour la guerre et d’origine diffĂ©rente: Ă©tudiants dĂ©sirant devenir Ă©lĂšves-officiers de rĂ©serve et militaires voulant rester dans l’armĂ©e active. Soixante-dix ans aprĂšs, Ă  l’initiative de l’un d’entre nous, Ă©vadĂ© de France, combattant de la 1° armĂ©e devenu Ambassadeur de France, les survivants ont dĂ©cidĂ© d’organiser hier Ă  Paris un Colloque pour transmettre aux jeunes quelques Ă©lĂ©ments de notre aventure collective qui dĂ©buta lĂ . Dans ce cadre, j’ai Ă©tĂ© chargĂ© de rappeler ce que fut la vie des officiers de carriĂšre pendant la pĂ©riode 1945 /1985. Il m’a semblĂ© que cela intĂ©resserait peut-ĂȘtre certains camarades ou leurs enfants.
Jean Delaunay
***
Remarque prĂ©alable. Mon point de vue, relativement serein, est celui d’un homme particuliĂšrement chanceux Ă  tous Ă©gards. Mais j’ai des camarades qui ont connu bien plus d’épreuves que moi et bien moins de satisfactions, certains restent mĂȘme amers devant l’injustice de leur sort. AprĂšs nos morts, c’est Ă  eux que va ma pensĂ©e.
Cela dit, je donnerai d’abord ma vision gĂ©nĂ©rale des choses, ensuite mon tĂ©moignage personnel.
***
« -Ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© dans notre jeunesse de l’exemple de nos parents, acteurs de la guerre de 1914/18, tĂ©moins nous – mĂȘmes de la dĂ©bĂącle de 1940, marquĂ©s par l’Occupation et ayant dĂ©jĂ  une certaine expĂ©rience de la guerre avant de rejoindre CoĂ«tquidan en 1945, nous avons traversĂ© ensuite, en tant qu’officiers , une pĂ©riode de grands bouleversements : suites du 2° conflit mondial, dĂ©colonisation, guerre froide, rĂ©volution des techniques et des mƓurs.
-Notre vie militaire a Ă©tĂ© trĂšs marquĂ©e par les guerres d'Indochine et d'AlgĂ©rie et leurs issues frustrantes pour nous. Nous avons Ă©tĂ© ensuite engagĂ©s Ă  fond dans l’évolution de l’armĂ©e et de la sociĂ©tĂ© aprĂšs 1968.
- Nous avions vécu la Victoire de 1945 mais nous avons enduré ensuite de grandes souffrances
- souffrance dans notre corps : 205 morts au combat, plus beaucoup de blessés et malades 


- souffrance dans notre cƓur : des sĂ©parations familiales renouvelĂ©es de 27 mois chacune, la mort de frĂšres d’armes, l’abandon de populations dont nous avions la charge

Sans compter le sentiment d’ĂȘtre, malgrĂ© nous, partie prenante d’échecs rĂ©pĂ©tĂ©s: de Caobang aux accords d’Evian


- Souffrance dans notre esprit : perception d’un dĂ©calage entre notre vision Ă  nous des choses
(Engagement complet, corps et Ăąme, dans la mission) et celle du pouvoir politique (GĂ©nĂ©ral de Gaulle y compris Ă  propos de l’AlgĂ©rie)
Et perception d’un autre dĂ©calage entre nos Valeurs et nos soucis, d’une part, et les prĂ©occupations de nos concitoyens et les messages de l’intelligentsia, d’autre part


⁃ Nous avons dĂ» nous rĂ©adapter frĂ©quemment Ă  des rĂ©alitĂ©s nouvelles guerriĂšres et humaines : adversaire et terrain notamment.

⁃ Nous avons ‘’fonctionné’’ surtout au dĂ©vouement Ă  la Patrie et au Sens du Devoir , d’oĂč notre modeste satisfaction de ce jour


⁃ Cela dit, le fait d’avoir surmontĂ© tant d’épreuves et d’incomprĂ©hensions a ancrĂ© en nous une conviction : au-delĂ  des pertes, des frustrations, des renoncements politiques, la vie vaut la peine d’ĂȘtre vĂ©cue, y compris dans l’armĂ©e, Ă  condition, comme disait Lyautey, de n’ĂȘtre pas que militaire.
***
Je vais dire maintenant Ă  grands traits ce que j’ai vĂ©cu personnellement.
1/ S/Lieutenant en Algérie
De Lattre nous avait dit Ă  CoĂ«t : “ Donnez Ă  vos recrues un supplĂ©ment d’éducation physique, civique et morale“. Nous nous y sommes appliquĂ©s dans les fameux camps lĂ©gers, Ă  travers sa mĂ©thode trĂšs virile, axĂ©e sur le parcourt de combat. J’ai ainsi instruit des jeunes spahis en AlgĂ©rie pendant 2 ans en alternance avec des tournĂ©es de prĂ©sence dans le bled qui m’ont permis de dĂ©couvrir sa beautĂ© et sa misĂšre.

J’y ai eu au moins deux occasions de craindre que ça ne tourne mal:
-l’inspection du GĂ©nĂ©ral Leclerc Ă  MĂ©dĂ©a en 1947 avait dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© sous mes yeux en manifestation anti française au grand mĂ©contentement de notre hĂ©ros, qui allait d’ailleurs mourir quelques mois aprĂšs.
-lors des premiĂšres Ă©lections AlgĂ©riennes, j’ai Ă©tĂ© envoyĂ© en catastrophe au secours de la gendarmerie de Champlain assiĂ©gĂ©e par une foule dĂ©chainĂ©e. Nous l’avons dĂ©gagĂ©e de justesse en tirant en l’air.
Et ceci se passait, dans un contexte Ă©prouvant, le pays paralysĂ© par la grĂšve gĂ©nĂ©rale sous l’influence des communistes, nos premiers volontaires partant en Indochine en plein dĂ©gagement des cadres militaires ! 


2/Lieutenant en Indochine
Alors qu’au Tonkin se livrent dĂ©jĂ  de dures batailles, je suis affectĂ© au 1/5° cuir, chargĂ© de protĂ©ger la route de Dalat. Son PC est au km 113, lĂ  oĂč, un mois avant, le convoi a Ă©tĂ© anĂ©anti et le Lt Col de SairignĂ© tuĂ©. 108 carcasses de camions brĂ»lĂ©s me font mesurer la ruse, la patience et l’astuce de notre adversaire capable de monter une telle attaque. Commandant d’escadron par intĂ©rim, je prends en compte un matĂ©riel misĂ©rable, la moitiĂ© des AM Coventry sans pneus. Je tiens Ă  reconnaitre les environs et Ă  ma premiĂšre patrouille dans la forĂȘt primaire sous la pluie, je rencontre un tigre
 moins agressif que les sangsues... Dans le poste, une tribu MoĂŻ nous construit des huttes de bambous. BientĂŽt nous rejoignent des engagĂ©s cambodgiens dont nous ferons vite des cuirassiers dans le cadre du jaunissement de nos troupes. Bref, je suis vite mis dans le coup.
A NoĂ«l, l’escadron, partiellement complĂ©tĂ© avec des scout-cars US et confiĂ© Ă  un capitaine, relĂšve Ă  Dautieng, au nord Cochinchine, les spahis qui y ont subi des pertes. Nos 30 blindĂ©s sont rĂ©partis sur 40 km. En plus du reste, je deviens officier de renseignements du quartier. Il comporte deux grandes plantations d’hĂ©vĂ©as, symboles et fleurons de la colonisation française, donc objectifs de choix pour les viet !
Je ressens lĂ  l’impression de devoir agir Ă  l’aveuglette alors que l’adversaire sait tout de nous et nous attaque ou nous harcĂšle sans rĂ©pit. Je suis gravement blessĂ© Ă  la main droite en aout 1949 mais je peux revenir assez vite Ă  mon poste. Comme au Tonkin, l’annĂ©e 1950 est pour nous mouvementĂ©e.
Le 25 janvier, responsable du convoi retour, j’ai une intuition subite : « Ils sont lĂ  ! » Je fais ouvrir le feu Ă  priori: ils Ă©taient bien lĂ , leurs mines immobilisent mes AM mais c’est moi qui ai crĂ©Ă© la surprise...
Le combat s’engage. Nos munitions s’épuisent. Notre camarade Thierrens arrive Ă  temps !
Et, si je puis dire, la fĂȘte continue jusqu’à la fin de l’annĂ©e. Exemple, un pont, vital pour nous, est dĂ©truit 3 fois par les Viet et nous le reconstruisons Ă  chaque fois.
Deux mois aprĂšs mon dĂ©part, le capitaine, mon successeur Ă  la tĂȘte de l’escadron, est tuĂ©, ainsi que mon meilleur camarade. C’est dire ma chance !
***
Mais beaucoup des nĂŽtres, les fantassins notamment, ont vĂ©cu tout cela, en bien pire au Tonkin, au cours de deux ou trois sĂ©jours
 alors que grandissait la dĂ©termination de l’adversaire, son emprise sur la population et la puissance de ses moyens avec l’aide chinoise.
C’est pour cela que la chute de Dien Bien Phu en 1954 est pour nous un choc moral atroce.
Mais, pendant ce temps-là, la guerre froide se développe ailleurs.

3/Capitaine pendant la guerre froide
En 1951, les USA font un colossal effort pour réarmer leurs alliés dans le cadre du PAM. Capitaine, je peux ainsi commander pendant plus de 3 ans en Allemagne un escadron de 22 chars Patton tout neufs, ceux-là, au sein de la 5° DB face au rideau de fer.
Nos appelĂ©s sont excellents (comme plus tard en AlgĂ©rie), nous sommes souvent en manƓuvres.
Notre moral est Ă©levĂ©, d’autant plus que beaucoup d’entre nous- dont moi- se marient Ă  cette Ă©poque.
La Toussaint sanglante devait rapidement mettre un terme Ă  cette relative euphorie :

4/ Algérie 54/62
En 1955/ 56, les fermes brĂ»lent lĂ -bas et des renforts sont prĂ©levĂ©s sur les FFA. Parmi eux, la 5° DB, sans ses chars, est implantĂ©e dans l’Ouarsenis : mon ancien escadron aux ordres d’un autre capitaine apprend Ă  mener patrouilles Ă  pied et embuscades de nuit.
1957 La funeste bataille d’Alger oppose nos paras aux terroristes de la Kasbah
 InitiĂ©e par les porteurs de valises du FLN, la calomnie s’installe au quartier Latin.
Pendant ce temps, le service militaire est portĂ© Ă  24 mois et les rĂ©servistes sont rappelĂ©s. Les effectifs atteignent ainsi 500.000 H. Le quadrillage territorial est plus dense qu’en Indochine, mais la prise en main de la population par le FLN augmente chaque annĂ©e.
Pour pallier cette situation, les SAS prennent en charge l’administration de certaines rĂ©gions en menant de front Ă©ducation populaire, soins mĂ©dicaux et action psychologique. Elles crĂ©ent de nombreuses harkas dont beaucoup nous sont restĂ©es fidĂšles jusqu’à la fin.
De mĂȘme, le « Service de la Jeunesse » encadrĂ© par l’armĂ©e entame (trop tard) la formation de cadres qui Ă©chappent Ă  la propagande adverse

En ce qui me concerne, de 1956 Ă  1959, je sers en Etat-Major mais je suis souvent sur le terrain, je vois que les bouclages et ratissages contre les bandes sont souvent dĂ©cevants car l’adversaire est prĂ©venu par les petits bergers et s’esquive. Je vĂ©rifie combien la qualitĂ© des cadres est dĂ©terminante dans ce type de guerre. Je vois notamment de mes yeux l’arrivĂ©e d’un Bigeard Ă  SaĂŻda changer immĂ©diatement la donne.

Le 13 mai 1958, le Général de Gaulle est appelé au pouvoir,
Cela suscite initialement en AlgĂ©rie de grands espoirs, d’autant plus que, sur le plan militaire, le plan Challe porte vite ses fruits: les commandos de chasse font partout changer la terreur de camp, les barrages frontiĂšres remplissent leur office, l’utilisation tactique de dĂ©tachements hĂ©liportĂ©s devient courante.

En 1960, nos succĂšs opĂ©rationnels sont confirmĂ©s mais l’évolution du contexte politique exaspĂšre beaucoup de pieds noirs et de militaires, ceux qui ont fait l’indochine notamment.
Je suis Ă  cette Ă©poque Ă  l’Ecole de guerre Ă  Paris mais, de loin, je sens la rĂ©volte gronder.

Avril 1961 le putsch
Ce mois-lĂ , nous sommes dĂ©tachĂ©s en prĂ©fectures. Pour des raisons familiales, je dois cependant revenir quelques jours Ă  Alger. Parmi mes camarades, il n’est question que de l’imminence du putsch:
l’excitation des uns et la rĂ©ticence des autres, ainsi que l’absence totale de secret, me laissent sans illusion sur ses chances de succĂšs.
A l’ESG, son issue fait naitre, hĂ©las, un climat assez malsain parmi nous. Le stage est interrompu et nous sommes mutĂ©s en quelques jours, certains Ă©tant par la suite chassĂ©s de l’armĂ©e.
Je garde un souvenir d’autant plus attristĂ© de cette pĂ©riode que, entre autres, 5 de mes proches viennent de tomber en AlgĂ©rie : Yves de Roquefeuil et Jean Ciavaldini Ă  la tĂȘte de leur escadron, Jean Vaillant mort en service commandĂ©, Figuier s’est suicidĂ© aprĂšs l’échec du putsch et Bourgogne est assassinĂ© par l’OAS.


1962 Indépendance algérienne
Nos troupes reviennent progressivement en métropole. Beaucoup de régiments sont dissous.
Ceux qui restent là-bas voient les pieds noirs quitter leur maison et savent que le FLN massacre nos harkis, sauf les quelques centaines évacués en dépit des ordres officiels.

A ce moment, une partie de nos camarades, parmi les meilleurs, quitte l’armĂ©e, d’autres n’y restent que “pour la gamelle“ et un petit tiers garde son idĂ©al. Je crois ĂȘtre de ceux-lĂ  et, devenu chef de l’instruction tactique Ă  Saumur avec un 4° galon, j’essaie de redonner du moral Ă  ces jeunes qui s’étaient donnĂ©s Ă  fond lĂ -bas.

TĂ©moignage particulier. Nous sommes quelques dizaines d’officiers venant de partout et convoquĂ©s Ă  Strasbourg par le GĂ©nĂ©ral de Gaulle, un jour d’hiver 1962, glacial Ă  tous Ă©gards. Il nous dit en substance:
“On me dit que vous avez du vague Ă  l’ñme Ă  propos de l’Indochine et de l‘AlgĂ©rie. Je vous ordonne d’oublier cette pĂ©riode et cette forme de guerre! Tournez la page. Le danger est Ă  maintenant Ă  l’Est. Votre mission est dĂ©sormais d’adapter l’armĂ©e de terre Ă  la dissuasion avec emploi Ă©ventuel de l’arme nuclĂ©aire.»
Et je me dis : “DĂ©solĂ©, Mon GĂ©nĂ©ral, je ne suis pas prĂšs d’oublier la rĂ©alitĂ© de la guerre rĂ©volutionnaire faite d’intimidation des foules par la terreur et l’endoctrinement 
 notre puissance de feu Ă©tant mise en Ă©chec par la ruse, la surprise et le contrĂŽle de la population. »
J’avais d’ailleurs Ă©crit sur ce thĂšme mon mĂ©moire de l’ESG 1961 car j’avais l’intuition que nos successeurs auraient besoin, eux, de rĂ©apprendre Ă  la faire, cette guerre-lĂ . En 2015, il me semble que c’est bien le cas !
(En 1985, j’écrirai de mĂȘme « la Foudre et le Cancer ».)

L’aprĂšs AlgĂ©rie,
Je participe Ă  diffĂ©rents postes Ă  Paris et en province Ă  la transformation de l’ArmĂ©e de terre. Face Ă  la menace soviĂ©tique, elle comprend notamment un corps de bataille de 5 divisions type 59.
Innovation de taille, elles possÚdent chacune un régiment Pluton capable de lancer des armes nucléaires tactiques.

Trois souvenirs personnels
1966, Lt colonel en Alsace, j’ai Ă  nouveau la surprise d’ĂȘtre, avec d’autres, convoquĂ© Ă  Paris derriĂšre un parterre Ă©toilĂ©. Le GĂ©nĂ©ral de Gaulle nous annonce qu’il a dĂ©cidĂ© de quitter l’OTAN. Stupeur !

Mai 1968. Je commande le 8° Hussards Ă  Altkirch. Les rĂ©giments de CLB sont mis en alerte pour venir maintenir l’ordre Ă  Paris en cas de besoin. Mes hussards chargent les obus dans les EBR alors que les grĂ©vistes de l’usine en face du quartier essayent de les dĂ©baucher. Mais nous tenons nos gars en main et nous n‘aurons heureusement pas Ă  intervenir Ă  Paris.
AprĂšs le 30 mai, j’ai l’occasion de sortir seul Ă  cheval en forĂȘt avec mon chef, le gĂ©nĂ©ral de Boissieu, et d’entendre son point de vue sur les Ă©vĂšnements.

En 1969, nommĂ© colonel et affectĂ© au CETAT, j’y reçois mission de rĂ©diger le rĂšglement d’emploi de la division avec menace ou utilisation de l’arme nuclĂ©aire tactique. Je fais de mon mieux.
***
Les annĂ©es suivantes, je constate une vague d’antimilitarisme dans le pays et des troubles dans certains rĂ©giments. En 1973, chef d’état-major de la 5° RM Ă  Lyon, et bientĂŽt gĂ©nĂ©ral, je vois l’adieu aux armes de mon chef, le glorieux gĂ©nĂ©ral Lalande, sabotĂ©e Place Bellecour par un groupe de gauchistes.

En 1974, je commande la X° brigade mĂ©canisĂ©e Ă  Reims qui expĂ©rimente toutes les nouveautĂ©s et a l’honneur de cĂ©lĂ©brer Ă  Mourmelon le 30° anniversaire de 1945. Mais, pendant ce temps-lĂ , Ă  Verdun, mon divisionnaire, le gĂ©nĂ©ral Henry, doit, seul, arrĂȘter dans la rue, un groupe de soldats mutinĂ©s Ă  l’appel du 2° classe Krivine qui veut exploiter un accident militaire mortel pour soulever la garnison.
***

Un mot sur le rĂ©Ă©quipement de l’armĂ©e de terre
Pendant toute cette pĂ©riode, je participe aux Ă©tudes de matĂ©riels blindĂ©s. Nos engins modernes sont bons mais, d’une gĂ©nĂ©ration Ă  l’autre, leur prix augmente beaucoup du fait de leur sophistication accrue. Or le budget est limitĂ©, d’oĂč des commandes annuelles Ă  l’industrie minuscules, donc coĂ»teuses pour nous, des programmes qui s’étalent sur 15 ans ou plus, et la nĂ©cessitĂ© d’entretenir simultanĂ©ment des matĂ©riels de plusieurs gĂ©nĂ©rations.... Je vĂ©rifierai bientĂŽt de prĂšs le poids de tout cela.
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En revanche, je peux me rĂ©jouir de nos grands progrĂšs rĂ©alisĂ©s sur le plan humain. Sous l’impulsion notamment du GĂ©nĂ©ral Lagarde, « la grande muette » rĂ©ussit son aggiornamento en matiĂšre de communication interne et externe, d’information et de concertation ainsi que de pĂ©dagogie participative.
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Je mets en Ɠuvre tout cela de 1976 Ă  79 Ă  la tĂȘte de l’école de Cavalerie de Saumur.
***
En 1979, je suis nommĂ© commandant des Ă©coles et centres de formation de l’armĂ©e de terre, poste passionnant oĂč je compte finir ma carriĂšre, mais, le 2 aoĂ»t 1980, le Ministre me tĂ©lĂ©phone : “Vous ĂȘtes nommĂ© CEMAT !“

CEMAT
Avec moi, les plus chanceux de la “Victoire 1945“ arrivent au sommet de la hiĂ©rarchie
 Le major gĂ©nĂ©ral, (puis le CEMA lui-mĂȘme Lacaze en 1981), 3 commandants de rĂ©gion, 3 inspecteurs d’arme, 4 directeurs

Mais nous rĂ©alisons que les Ă©preuves que nous avons surmontĂ©es depuis 1945 ne sont rien Ă  cĂŽtĂ© de la difficultĂ© de nos rapports avec les mondes politique et mĂ©diatique : diffĂ©rences de mentalitĂ©s et mĂ©fiance rĂ©ciproque. La diminution drastique des crĂ©dits limite nos moyens, ce qui provoque des critiques de l’opinion envers le service militaire armĂ©, d’oĂč le succĂšs chez les Ă©tudiants du service en coopĂ©ration 
 le tout sur fond de pacifisme et de mauvaise conscience anticoloniale.
Sans compter la prioritĂ© accordĂ©e Ă  la dissuasion nuclĂ©aire, surestimĂ©e, selon moi, par les gouvernements successifs, y compris par M. Mitterrand fraichement converti lui-mĂȘme Ă  ce « dogme »...

Au fil des mois, mes rapports avec le Ministre de la DĂ©fense, M. Hernu, d’abord cordiaux, se tendent. Il me demande de fĂ©miniser les armes de combat, ce que je refuse. Et, surtout, je conteste son Plan Ă  Long Terme qui sacrifie mon armĂ©e au NuclĂ©aire, alors que je pressens qu’on aura de plus en plus besoin de vrais soldats. Je rĂ©alise que, dans ces conditions, je ne vais pas pouvoir rester longtemps CEMAT.
L’armĂ©e de terre continue cependant Ă  tourner malgrĂ© les compressions d’effectifs : elle intervient notamment au Liban en 1982, mais, dĂ©but 1983, ont lieu de nouvelles dissolutions de rĂ©giments.

Par ailleurs, sur demande du Chancelier allemand qui craint de voir le territoire de son pays vitrifiĂ© en cas de guerre, le chef de l’Etat renonce au missile HadĂšs, prĂ©vu comme successeur du Pluton, donc Ă  l’utilisation tactique de l’arme nuclĂ©aire par l’armĂ©e de terre.

Dans le mĂȘme temps, le Ministre m’impose littĂ©ralement (sans Ă©tude prĂ©alable) la crĂ©ation d’une « Force d’Action Rapide », inutile Ă  mes yeux, ce, sur le conseil occulte d’un gĂ©nĂ©ral de ses amis

Ma résolution se précise


Le 9 mars 1983, le mĂȘme Ministre, tout sourire, m’annonce que le Gouvernement veut rĂ©compenser en moi un bon serviteur quand je partirai Ă  la retraite en me trouvant un glorieux prolongement de carriĂšre
 Il ajoute, toujours souriant, que cela devrait mettre fin Ă  mon opposition Ă  son Plan Ă  Long Terme. Il me demande de lui adresser ma rĂ©ponse par Ă©crit. Je la lui fais porter sur l’heure, c’est ma dĂ©mission.
(Mais, c’est un vendredi, il a dĂ©jĂ  quittĂ© Paris. Il n’apprend la nouvelle que le lundi en lisant le Figaro dans l’avion du retour. )
Pendant ce temps-lĂ , je prĂ©viens tous ceux qui doivent l’ĂȘtre et je pars pour ma derniĂšre inspection prĂ©vue Ă  l’Ecole des Transmissions de Montargis.
Au retour, le Ministre me convoque et notre derniùre entrevue est
 trùs orageuse.
En sortant de chez lui, je me surprends Ă  fredonner comme Piaf :
« Non, rien de rien, non, je ne regrette rien ! »
Commence alors pour moi une 2° vie, presque aussi passionnante que l’autre.
***
1985 Notre camarade Lacaze, fils de gendarme et chef de nos armĂ©es, part Ă  la retraite et entre en politique. Yves Bardon reste le dernier membre de Victoire dans l’armĂ©e active mais la France continue et l’ArmĂ©e de terre, bientĂŽt amputĂ©e des deux tiers et profondĂ©ment transformĂ©e, continue Ă  bien la servir.

(Confidence. En 1994, M. Chirac, maire de Paris et candidat Ă  la PrĂ©sidentielle, m‘invite Ă  dĂźner pour discuter du service militaire qu’il veut supprimer s’il est Ă©lu. Je le conjure de n’en rien faire et le lui confirme le lendemain par Ă©crit... On connait la suite.)
***
Je termine.
En ce jour, je pense surtout Ă  nos camarades tombĂ©s Ă  25 ans au dĂ©tour d’une piste, des fils de gĂ©nĂ©raux comme Bernard de Lattre et Henri Leclerc de Hautecloque ou des modestes comme Marcel Gilet que j’accompagne fin 1948 au bateau qui va l’amener en Annam Ă  la tĂȘte de partisans. Il me confie :
« Je suis fiancé et je ne la reverrai jamais. Je sais que je pars vers la mort. »
Par opposition, je mesure ma chance, immense, et je me sens intensément solidaire de tous ceux de cette promotion pas comme les autres qui, ayant bien servi et pas mal souffert, témoigne modestement de sa participation à la longue chaine du devoir accompli par les soldats de la France.
Je constate sans vanitĂ© abusive que, les plus chanceux d’entre nous au moins, nous n’avons pas cessĂ© de repartir aprĂšs chaque coup reçu, d'entreprendre et de crĂ©er (et d’abord une famille), de tĂ©moigner et de transmettre, de croire et d'espĂ©rer en la jeunesse, en nos valeurs, en la France, en la Vie...
C’est d’ailleurs le splendide message contenu dans « Les champs de braise », le maitre - livre de mon camarade de corniche HĂ©lie de St Marc. Il n’a pu nous rejoindre Ă  CoĂ«t en 1945 car, mal remis de sa dĂ©portation, il Ă©tait Ă  l’hĂŽpital.
C’est aussi, en moins connu, celui de Jacques Bonfils, ici prĂ©sent. Un obus lui avait arrachĂ© le bras gauche dans sa tourelle en novembre 1944, il Ă©tait pourtant des nĂŽtres Ă  Coet en juillet 45, il s’est battu en Indo Ă  la tĂȘte de la 10° compagnie du 3° Etranger sur la RC 4 en octobre 1950. Prisonnier des Viet pendant plus de 2 ans et libĂ©rĂ©, Ă  peine remis, il a voulu reparti au combat en AlgĂ©rie. Cet homme-lĂ  a consacrĂ© sa retraite Ă  faire du bien au peuple vietnamien dont certains l’avaient pourtant beaucoup maltraitĂ©, l’aidant Ă  reconstruire les ponts, les Ă©coles et la cathĂ©drale que la guerre avait cassĂ©s.
Jacques, mon ami, soldat courageux et homme de cƓur, tu honores la promotion Victoire.
Avec toi, je renouvelle mon salut fraternel à nos camarades tombés au combat.

Je rends hommage Ă  leurs veuves, hĂ©roĂŻques elles aussi, Ă  leur maniĂšre, comme Denise des Essars, femme et sƓur de 2 officiers de Victoire MPLF en Indo.

A nos épouses qui ont si souvent porté seules la responsabilité de nos familles et qui nous ont aidés à vivre les moments difficiles, je témoigne de notre reconnaissance affectueuse.

Nos rangs de nonagĂ©naires s'Ă©claircissent beaucoup, nous venons encore de dire adieu ces jours derniers Ă  Pierre Belfayol, vrai soldat et major gĂ©nĂ©ral de l’AT 1980, et Ă  Jean Combette, survivant miraculĂ© du convoi de Dalat de 1948 et de bien d’autres aventures.

Mes amis, je crois que le Général de Lattre qui nous inspectait souvent en 1945 serait assez content de nous ...

 Il nous conseillerait cependant de continuer, jusqu'à la fin, à donner, comme lui, l'exemple de la dignité et du courage, et à rayonner notre foi en la France.

C’est bien lĂ  l’essentiel du message que nous voulions aujourd’hui transmettre aux jeunes. »

Merci

GA Jean Delaunay (2° S)
26/10/15






Les élÚves officiers de réserve de la promotion Victoire
Sur les 2989 candidats admis Ă  Coetquidan en juillet 1945, plus de 500 d'entre eux souhaitaient devenir officier de rĂ©serve. Ils reprĂ©sentaient un sixiĂšme de l'effectif gĂ©nĂ©ral. MĂȘme pourcentage en dĂ©cembre 1945, 350 prĂ©sents Ă  l'examen, plus de 300 reçus aspirant de rĂ©serve. le chiffre Ă©tait important. On ne peut l'oublier si l'on veut dresser un portrait exact de cette promotion plĂ©thorique et diversifiĂ©e.
La raison de la présence d'un tel groupe n'était pas seulement numérique, elle s'expliquait par leur désir de servir à l'avenir en cas de péril grave dans des conditions plus conformes à leur formation tout autant qu'à leur souci de participer à la défense du pays, au maintien de son indépendance et de son intégrité territoriale.
Ce groupe n'Ă©tait homogĂšne ni par l'Ăąge (entre 32 et 17 ans) ni par ses origines ni par sa vocation civile
future.
En plus des survivants de 1937 - 1938, il comprenait dans sa majoritĂ© des jeunes entre 20 et 25 ans auxquels il fallait ajouter les plus jeunes entre 17 et 20 ans. Nombre d'entre eux Ă©taient Ă©tudiants en 1942 - 1943, ils avaient prĂ©fĂ©rĂ©s s'Ă©vader de France plutĂŽt que de rĂ©pondre au service du travail en France ou en Allemagne. Ce groupe comprenait de simples soldats et de nombreux sous officiers, de jeunes rĂ©sistants ou de jeunes maquisards. Beaucoup d'entre eux Ă©taient des combattants qui, dans le cadre des FFl ou des FFC avaient participĂ©s aux dĂ©barquements de Normandie et de Provence, aux campagnes de France et d'Allemagne. Bien d'entre eux en pĂ©riode normale auraient fait leur PrĂ©paration Militaire SupĂ©rieure (PMS), ouverte aux Ă©lĂšves des grandes Ă©coles (Normale SupĂ©rieure, Central, HEC, ESSEC, etc... ) aux Ă©tudiants en sciences, en lettres, en droit en mĂ©decine ou Ă  l’Institut Politique de Paris qui avait formĂ©e une rĂ©serve d’officiers trĂšs apprĂ©ciĂ©s au cours des 2 derniĂšres guerres mondiales.
Il s’agissait donc de reprendre une vieille tradition interrompue en 1938 qui avait permis la crĂ©ation d'un complĂ©ment d'officiers trĂšs utile en 39 - 40 et de renforcer le lien trĂšs fort entre l’armĂ©e et la nation. L'enseignement entre rĂ©servistes et armĂ©e de mĂ©tier Ă©tait commun. Sous leur engagement national, s'Ă©tait crĂ©Ă©e entre eux une amitiĂ© profonde qui dans la plupart des cas a survĂ©cu aprĂšs la fin de leurs obligations militaires.
L'importance de leur nombre devait poser nĂ©cessairement la question de savoir ce que seront devenus ces rĂ©servistes et dans quelle mesure leur formation militaire a jouĂ© dans leur vie professionnelle. Si l’on en juge par le mĂ©morial de la profession Victoire, leur activitĂ© professionnelle a marquĂ© tous les secteurs de la vie publique :
La vie politique en premier lieu : des élus locaux, des maires, des députés, des sénateurs, un député européen.
La fonction publique ensuite : un conseiller d'Ă©tat, 4 diplomates dont un ambassadeur de France, un inspecteur central des douanes, un trĂ©sorier principal des finances, des cadres responsables des ministĂšres des affaires Ă©conomiques, de l’éducation nationale et de la culture.
Les professions libérales y figuraient avec des avocats dont un membre du Conseil de l'ordre, des notaires des membres de Conseils des Prudhommes, des conseillers juridiques, financiers, administratifs, un architecte en chef des bùtiments civils et des palais nationaux, des directeurs de centre de recherches ou de laboratoires.
Une attraction trÚs forte était suscitée par la banque, l'industrie, l'ingénierie, le commerce et les affaires. Parmi les banques, des cadres de la Banque de France, des grandes banques (BNP, CCF, Rothschild). Parmi les industriels, des directeurs d'usine (nucléaire, métallurgie, Thomson, aérospatial, Total), un
directeur gĂ©nĂ©ral d'une importante sociĂ©tĂ© de plantation d'hĂ©vĂ©a, des membres de Chambres de Commerce et d'Industrie. Dans l'agroalimentaire, des agriculteurs, un directeur gĂ©nĂ©ral de brasserie. Bien entendu une attention particuliĂšre doit ĂȘtre portĂ©e au monde de l'enseignement, de la recherche, de la culture (des professeurs d'universitĂ©, de lycĂ©es et collĂšges, un recteur d'acadĂ©mie, un peintre sculpteur, deux religieux).
De cette longue énumération, retenons qu'un nombre croissant de futurs officiers de réserve sont restés fidÚles à leur formation militaire soit en faisant partie de l'association des anciens de la promotion Victoire soit pour beaucoup d'entre eux par leurs activités professionnelles.
Depuis 45, stratégies, techniques, armements n'ont cessé de se modifier sous les contraintes politiques (guerre froide, guerres coloniales). Dans le contexte international, de nouvelles formes de coopérations se sont développées sur le plan bilatéral comme sur le plan multilatéral dans le cadre des Nations Unies, de l'Alliance atlantique, de son pendant soviétique, de l'Europe centrale, entre autres.
Les guerres de liquidation coloniale ont imposées le rappel sous les drapeaux de nombreux réservistes (guerre d'Algérie). Des consultations permanentes ont eu pour conséquence une participation plus grande entre négociateurs, chercheurs, producteurs, spécialistes de gestion. Les problÚmes de sécurité ont dépassé le simple domaine de Défense pour concerner la nation dans son ensemble.
A ce titre, Coetquidan par sa formation commune a Ă©tĂ© un prĂ©curseur. Cette Ă©volution continue et Ă  tendance Ă  s'Ă©largir. Il faut en tenir compte et continuer sur la voie ouverte qui s'impose. C'est une vĂ©ritĂ© quiconcerne plus particuliĂšrement la jeune gĂ©nĂ©ration. Avant de passer la parole Ă  ceux d'entre nous qui voudront prĂ©ciser certains aspects de ce qui vient d'ĂȘtre
dit, je voudrais terminer en citant un exemple qui illustre bien cette Ă©volution. C'est celle de l'un d'entre nous qui aprĂšs sa sortie de l'ENA est entrĂ© aux Affaires EtrangĂšres oĂč il s'est spĂ©cialisĂ© dans les 3problĂšmes militaires. Il est devenu SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral Adjoint de la DĂ©fense nationale avant de terminer sa carriĂšre comme Ambassadeur reprĂ©sentant la France Ă  la ConfĂ©rence du DĂ©sarmement aprĂšs avoir suivi les questions militaires dans les grands postes oĂč il avait Ă©tĂ© nommĂ©.
Cet exemple est valable pour les fonctionnaires d'autres ministĂšres et pour bien des acteurs de la vie Ă©conomique.

Jacques MORIZET, Ambassadeur de France

L'orateur termine son intervention en citant l'exemple de deux autres officiers de rĂ©serve de la promotion VICTOIRE, dont l'un a fait une carriĂšre d'ingĂ©nieur, dirigeant des travaux d'envergure sur presque tous les continents et l'autre, homme d'affaires, a crĂ©Ă© et dirigĂ©, au cours des ans plusieurs entreprises industrielles et commerciales d'envergure en mĂȘme temps qu'il rĂ©alisait des projets sylvicoles et cynĂ©gĂ©tiques. Tous deux, prĂ©sents dans la salle, ont tenu Ă  dĂ©clarer l'importance qu'avait eu. pour eux leur sĂ©jour Ă  CoĂ«tquidan.






Intervention du Colonel Mallassinet,
reprĂ©sentant le gĂ©nĂ©ral Blachon, commandant les Ecoles de St Cyr CoĂȘtquidan,
à l’occasion de la table ronde de la Promotion Victoire.
Lundi 26 octobre 2015.


Présentation de la scolarité aux Ecoles de Saint Cyr Coëtquidan.

Mon propos est de vous prĂ©senter, en quelques idĂ©es forces, que malgrĂ© bien des Ă©volutions, la formation des officiers de l’armĂ©e de terre Ă  CoĂ«tquidan rĂ©pond aux exigences intemporelles des belles devises des Ecoles qui y sont implantĂ©es : « ils s’instruisent pour vaincre » (ESM) , « l’honneur pour loi, le travail pour guide » (EMIA), « l’audace de servir » pour le 4e batailllon qui forme les officiers sous contrat.

Les petites promotions d’aujourd’hui conservent un idĂ©al Ă©levĂ© de service, et mettent leur enthousiasme Ă  suivre et assimiler un enseignement de haut niveau, variĂ© et Ă©quilibrĂ©. GrĂące Ă  cet enseignement, les sous-lieutenants issus de l’ESM et de l’EMIA (c’est surtout de ces deux Ă©coles que nous allons parler), abordent avec sĂ©rĂ©nitĂ© leur rĂŽle de chef militaire et leur place au sein de la nation.

Depuis 1945, CoĂ«tquidan accueille les futurs officiers de l’armĂ©e de Terre française. Si la physionomie du terrain de manƓuvre n’a pas beaucoup changĂ©, les infrastructures du camp et les installations d’instruction ont Ă©tĂ© transformĂ©es au cours des 7 dĂ©cennies qui sĂ©parent votre bref sĂ©jour Ă  CoĂ«tquidan de celui des promotions qui vous ont succĂ©dĂ©.



La taille des promotions n’a cessĂ© de dĂ©croitre. Aujourd’hui, les Saints Cyriens, tous recrutements confondus, sont Ă  peine 150. Si on y rajoute les Ă©lĂšves officiers Ă©trangers (ce point lĂ  n’a en revanche jamais changĂ©), on constitue des promotions qui montent pĂ©niblement Ă  170 Ă©lĂšves (Ă  peine 80 Ă  l’EMIA).

Le recrutement est variĂ© et sĂ©lectif, on dĂ©nombre par exemple 1400 candidats pour 60 places dans la filiĂšre scientifique. Le concours d’entrĂ©e Ă  St-Cyr utilise aujourd’hui des « banques d’épreuves » nationales et s’est alignĂ© sur celui de l’Ecole Normale supĂ©rieure pour les littĂ©raires et celui de Polytechnique pour les scientifiques. Les sous-officiers qui prĂ©sentent le concours de l’EMIA sont tous bacheliers, voire plus.

Au terme de leurs Ă©tudes, les Saint-Cyriens quittent l’Ecole avec un grade de master (et un titre d’ingĂ©nieur pour les scientifiques). Les sous-lieutenant de l’EMIA sont titulaires d’une licence.

Les Ecoles accueillent au total plus de 1700 Ă©lĂšves chaque annĂ©es, dans le cadre de 21 stages diffĂ©rents. Les Saint-Cyriens restent trois ans Ă  CoĂ«tquidan, les Ă©lĂšves de l’EMIA, 2 ans, les elĂšves officiers sous contrat (OSC) sĂ©journent entre 3 et 6 mois selon qu’ils se destinent Ă  servir dans des Ă©tat-majors ou des organismes de soutien, ou Ă  l’encadrement des sections de nos rĂ©giments.

La formation donnĂ©e aux futurs officiers de carriĂšre est Ă©quilibrĂ©e, et s’articule autour de trois pĂŽles : la formation humaine, destinĂ©e Ă  former des officiers Ă©quilibrĂ©s, la formation militaire, qui a pour objet de prĂ©parer des chefs de guerre, la formation acadĂ©mique dont le but est de prĂ©parer des cadres responsables.



La qualitĂ© de la formation dispensĂ©e Ă  CoĂ«tquidan est reconnue dans l’univers des grandes Ecoles françaises et au plan international. Forts de leur identitĂ©, fiers de leur traditions, conscients de ce qu’ils doivent Ă  la Nation, les Ă©lĂšves de l’ESM et de l’EMIA s’ouvrent au monde extĂ©rieur. Les Ecoles accueillent de nombreux partenariats avec des Ă©coles prestigieuses comme l’ESSEC, avec des armĂ©es Ă©trangĂšres (un protocole d’échange avec l’armĂ©e allemande permet Ă  des Français de suivre la totalitĂ© de la scolaritĂ© des futurs officiers de la Bundeswehr, et inversement). Enfin, chaque annĂ©e, de nombreux Ă©lĂšves Ă©trangers (plus de 100) suivent tout ou partie des scolaritĂ©s.



Conclusion :

L’apprentissage du mĂ©tier de chef s’appuie sur des principes auxquels les Ecoles de Saint-Cyr CoĂ«tquidan restent fidĂšles, tout en rĂ©pondant aux contraintes de notre Ă©poque.
Aujourd’hui elles accueillent, pour un temps plus ou moins long, tous les officiers de l’armĂ©e recrutĂ©s dans l’annĂ©e. Cet amalgame, sensible au moment du Triomphe, est essentiel Ă  la cohĂ©sion du corps des officiers.
En parallĂšle, par la qualitĂ© de leur enseignement, intĂ©grant formation militaire, acadĂ©mique et humaine, elles se sont hissĂ©es au rang des grandes Ă©coles françaises, contribuant ainsi Ă  former les dirigeants de l’ArmĂ©e de Terre et les cadres de la Nation.


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